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Les mutations aléatoires à l’origine de l’évolution peuvent avoir trois conséquences sur l’organisme :

1) l’émergence d’une adaptation, c’est-à-dire une structure ou un mécanisme construit par la sélection naturelle;

2) des sous-produits ou des effets secondaires (ou encore des exaptation ou «spandrels», voir les liens ci-bas) qui accompagnent les adaptations sans avoir été directement sélectionnés;

3) du « bruit aléatoire », c’est à dire des mutations dont le résultat n’influence pas la sélection naturelle et donc l’évolution.

Ainsi, l’émotion reliée à la jalousie est une adaptation qui renforce le lien entre les parents des enfants, le stress est un produit secondaire de l’activation chronique du système de fuite ou de lutte, et les variations du tempérament des individus sont probablement dues à du bruit aléatoire.

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Outil : La sélection naturelle de DarwinOutil : La sélection sexuelle et la théorie de l’investissement

La capacité d’attribuer des croyances, des besoins et des désirs aux autres personnes est un mécanisme cognitif très utile pour un individu. Il permet entre autres de prévenir les attaques hostiles, de prévoir les besoins des autres et de les satisfaire pour favoriser des liens d’attachement, ou simplement de comprendre les faits et gestes d’autrui.

Or il semble que ce module d’inférence (ou de « mind reading ») apparaisse à un même âge chez tous les humains (vers 3 ans) peu importe leur culture. Il semble aussi qu’il soit distinct de celui qui s’intéresse aux entités inanimées et que sa défaillance entraîne un fonctionnement qui ressemble à celui de l’autisme.

L'APPROCHE DE LA PSYCHOLOGIE ÉVOLUTIVE
LA PSYCHOLOGIE ÉVOLUTIVE CRITIQUÉE

Née à la fin des années 1980 comme une évolution de la sociobiologie, la psychologie évolutive veut réexaminer les comportements humains à la lumière de la sélection naturelle et de la sélection sexuelle.

Cette approche s’appuie sur le fait que les premiers ancêtres du genre humain (comme Homo habilis, apparus il y a environ 2,5 millions d’années), ont évolué pendant des milliers d’années dans un environnement bien différent du nôtre. Les anglo-saxons parlent de «Environment of Evolutionary Adaptedness» (EEA) pour désigner ces différentes contraintes subies par nos ancêtres chasseurs-cueilleurs dans les savanes.

 

Des contraintes physiques comme rester au chaud, avoir assez de nourriture, éviter les prédateurs et les maladies, etc. Mais encore plus importantes, des contraintes sociales comme maintenir des relations réciproques avec les autres, éviter les tricheurs, avoir une bonne place dans la hiérarchie, trouver un partenaire pour se reproduire et former avec lui des liens suffisants pour élever une progéniture, etc.


Résultat : en plus des caractéristiques anatomiques les mieux adaptées, les mécanismes psychiques les plus "payants" dans ces situations sociales ancestrales furent aussi sélectionnés. La psychologie évolutive considère donc le cerveau de l’homme moderne comme constitué de modules spécialisés dans la résolution de problèmes ayant permis d’optimiser le succès reproducteur de l’espèce.

 

Par conséquent, notre cerveau n’a pas été "sélectionné" pour vivre dans l'environnement technologique et urbain que l'on connaît aujourd'hui. Pour certaines fonctions cela n’aura aucun impact. Mais pour d’autres, comme l’activation chronique du système d’alarme du cerveau, cela peut avoir des conséquences désastreuses pour l’organisme. Le corollaire de ceci pourrait être l’effet d’apaisement que retrouvent les citadins en allant à la campagne, un environnement beaucoup plus proche de celui dans lequel ils ont évolué.

Avec ses modules adaptés aux problèmes rencontrés par nos ancêtres, la psychologie évolutive s’écarte donc de façon significative du modèle standard de l’esprit sur lequel s’appuient les sciences humaines

 


On résume souvent le raisonnement à la base de la psychologie évolutive en cinq principes :

  1. les circuits du cerveau sont sujets à la sélection naturelle (par l’entremise des gènes qui codent pour les grandes voies nerveuses) et ont évolué pour générer des comportements adaptés aux circonstances environnementales ;
  2. Nos circuits neuronaux n'ont pas été sélectionnés pour résoudre tous les types de problèmes, mais seulement ceux qui ont affecté la reproduction de nos ancêtres depuis des millions d’années ;
  3. la plus grande partie de ce qui se passe dans notre cerveau se fait inconsciemment, de sorte que bien des choses qui nous paraissent faciles (reconnaître un visage, courir, etc. ) nécessitent des opérations et des circuits neuronaux extrêmement complexes ;
  4. Des circuits neuronaux différents sont spécialisés pour résoudre des problèmes adaptatifs différents ;
  5. Le cerveau de l’homme moderne est en réalité adapté à l'âge de pierre.

 



La plupart des tâches que nous accomplissons quotidiennement se font machinalement sans y penser. Pourtant, reconnaître quelqu’un, attacher ses lacets ou simplement parler requiert la présence de réseaux de neurones d’une grande complexité dans notre cerveau. À preuve, les machines assistées d’ordinateurs au pouvoir de calcul énorme n’y parviennent que difficilement.

Les centaines de milliers d’années d’évolution qui ont façonnée notre cerveau ont donc favorisé un mode de fonctionnement inconscient des circuits cérébraux qui nous permettent de résoudre ces problèmes rencontrés depuis toujours par nos ancêtres.

Ainsi, nos doigts savent tout de suite ou est la lettre « G » sur le clavier d’un ordinateur, mais il nous faut chercher quelques instant si on nous le demande consciemment. Un autre exemple est notre compréhension de l’effet de perspective. Ce phénomène visuel avec lequel tous nos ancêtres ont dû évoluer possède dans notre cerveau des circuits de traitement spécialisés qui sont à la base de plusieurs de nos « illusions d’optique ». Quoi que vous en pensiez, les deux rectangles blancs sont bel et bien de la même longueur…


Source: R. L. Gregory

       
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Aux origines des émotions : les neurosciences affectives

L’évolution n’est pas que la sélection naturelle

Créativité et cognition

Les neurones de la lecture

Norman Doidge et la plasticité cérébrale

Ce que l’on pourrait appeler les microprocesseurs ou «chips» du cortex humain sont des colonnes de neurones contenant approximativement 3000 neurones chacune. Les colonnes sont très similaires d’une région à l’autre du cortex ainsi qu’à travers les différentes espèces de mammifères, une observation qui plaide en faveur de fonctions de calcul plutôt générales.


Le "panglossianisme" est un terme créé par Gould et Lewontin pour désigner cette tendance à rechercher une raison adaptative pour chaque aspect du comportement d'un animal. Il fait référence au personnage du Dr Pangloss (du livre Candide, de Voltaire) qui croyait que tout avait été fait pour le mieux, dans le meilleur des mondes. Par exemple le nez, pour Pangloss, avait été créé dans le but évident de soutenir les lunettes...

Cela peut sembler bien naïf, mais ceux qui pensent parfois que les récepteurs sur lesquels agissent les drogues dans notre cerveau ont évolué pour que la drogue s'y fixe commettent la même erreur.

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LA PSYCHOLOGIE ÉVOLUTIVE CRITIQUÉE
L'APPROCHE DE LA PSYCHOLOGIE ÉVOLUTIVE

La psychologie évolutive apporte certainement à ceux qui tentent de comprendre l’esprit humain de nouveaux réflexes de pensée susceptibles de générer de fructueuses hypothèses de recherche.

Certains neurobiologistes tempèrent toutefois l’enthousiasme des psychologues évolutifs les plus convaincus, certains allant même à la suite de Jaak Panksepp, à identifier « sept péchés » de la psychologie évolutives ! Selon eux, la psychologie évolutive pécherait parce que :

1) elle accorde trop d’importance au Pléistocène comme source des adaptations de l’esprit humain que l’on constate aujourd’hui;

2) elle fait de l’anthropocentrisme en se concentrant exclusivement sur l’être humain, délaissant la profonde continuité qui existe en particulier dans les processus sous-corticaux des mammifères;

3) elle serait trop fortement adaptationniste, ayant tendance à considérer tous les «modules» de la pensée humaine comme des adaptations, alors qu’ils pourraient s’avérer des propriétés émergentes du développement et de la culture (pour employer les mots de Gould, des exaptations ou des « spandrels »;

4) une trop grande importance est accordée à la modularité du cerveau au détriment des aires associatives à usage général, très importantes dans le cerveau humain; (voir encadré)

5) elle attribue à des modules corticaux des mécanismes émotifs (ex. : la jalousie) dont les bases neuro-physiologiques sont plutôt bien établies à des niveaux sous-corticaux beaucoup plus anciens;

6) elle abuse des métaphores pour expliquer les mécanismes mentaux tout en ne se souciant pas assez de les confronter aux données neuro-anatomiques existantes ;

7) elle est trop centrée sur une approche de représentation et de calcul et pas assez incarnée dans le substrat organique.

 

Une vision quelque peu « panglossienne » de l’évolution… (voir l’encadré)

 

Leur critique met donc l’emphase sur les données recueillies depuis un demi-siècle sur la neuro-anatomie du cerveau, et en particulier celle des circuits sous-corticaux impliqués dans la motivation et les émotions.

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