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AideLien :  The neural bases of emotionLien :  Source of ‘optimism’ found in the brainLien :  L’amygdale et le circuit de la peur
Lien :  Putting Emotions Back Into The Brain : A Talk With Joseph LeDouxLien :  The Amygdaloids on "Science & U" Lien :  The amygdala as the neural source of personal space.Lien :  Key to subliminal messaging: keep it negative, study suggests

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Expérience :  L'identification des structures cérébrales impliquées dans la peur conditionnéeL'identification des structures cérébrales impliquées dans la peur conditionnée
 Histoire :  La localisation du "cerveau des émotions" La localisation du "cerveau des émotions"
Outil: Psychanalyse et troubles anxieux : éteindre les peurs conditionnées en « recâblant » le cerveau Psychanalyse et troubles anxieux : éteindre les peurs conditionnées en « recâblant » le cerveau

Aux origines des émotions : les neurosciences affectives

La collaboration entre différentes régions cérébrales

On sait maintenant que le cerveau comprend plusieurs types de mémoires. L'hippocampe et le cortex rendent possible une mémoire consciente explicite. De son côté, l'amygdale permet l'une des formes de nos mémoires implicites, la mémoire émotionnelle reliée à la peur.

Différents aspects reliés à une situation particulièrement émotive comme un accident seront donc pris en charge à la fois par l'hippocampe et l'amygdale, les deux systèmes fonctionnant en parallèle. Grâce à l'hippocampe, vous vous souviendrez avec qui vous étiez, ce que vous avez fait, et le fait que c'était une situation particulièrement pénible. Toutefois, c'est par l'entremise de l'amygdale que le rappel de l'événement vous rendra les mains moites, augmentera votre fréquence cardiaque et feront se tendre vos muscles.


L'AMYGDALE ET SES ALLIÉS
LES DEUX ROUTES DE LA PEUR

L'amygdale est une structure cérébrale essentielle au décodage des émotions, et en particulier des stimulus menaçant pour l'organisme. En effet, l'évolution a regroupé plusieurs circuits du système d'alarme de notre organisme dans l'amygdale.

Par conséquent, plusieurs inputs sensoriels convergent vers l'amygdale pour l'informer des dangers potentiels de son environnement. Cette information sensorielle lui parvient soit directement du thalamus sensoriel, ou soit des différents cortex sensoriels.

Mais il y a plusieurs autres régions du cerveau qui envoient leurs axones à l'amygdale, comme l'hypothalamus, le septum et la formation réticulée du tronc cérébral, par exemple.

L'amygdale reçoit aussi de nombreuses connexions de l'hippocampe. Celui-ci étant impliqué dans le stockage et la remémoration de souvenirs explicites, ses connections à l'amygdale peuvent être à l'origine d'une émotion déclenchée par un souvenir particulier.

 

L'hippocampe est aussi spécialisé dans le traitement non pas d'un seul stimulus mais d'une collection de stimuli, ou si l'on veut du contexte d'une situation. Or c'est à cause de l'hippocampe et de ses liens étroits avec l'amygdale que tout le contexte associé à un événement traumatisant peut devenir une source d'anxiété.

 


Des connexions importantes à l'amygdale proviennent aussi du cortex préfrontal médial. Elles seraient impliquées dans le processus d'extinction de la peur conditionnée.

Le cortex préfrontal serait également impliqué dans la dernière phase de la confrontation à un danger, celle où après la réaction émotive automatique initiale, nous devons réagir et choisir l'action la plus efficace pour se soustraire au danger. D'ailleurs, chez les personnes au cortex frontal endommagé (le " syndrome frontal "), la planification de la moindre tâche est très difficile, voire impossible.

La planification volontaire d'une réponse émotionnelle adaptée à la situation que permet nos structures mentales supérieures est donc un merveilleux complément à notre système de réponses rapides et automatiques. Les connexions du cortex préfrontal à l'amygdale permettent aussi d'exercer un certain contrôle conscient sur notre anxiété. Toutefois, cette faculté peut en même temps créer de l'anxiété en imaginant l'échec d'un scénario donné ou même la présence de dangers inexistants.

Vous marchez sur la rue et une personne mal intentionnée se rue sur vous et vous agresse. Quelques jours plus tard, une personne se met à courir en votre direction sur le trottoir et votre cœur s'emballe soudainement. Vous vous calmez lorsque la personne passe à côté de vous sans vous toucher en essayant de rattraper son autobus…

Encore quelques semaines plus tard vous repassez sur le lieu de la vraie agression et vous vous sentez mal. Cette fois-ci personne ne court vers vous. Le stimulus conditionné n'est pas présent, mais la situation révèle un phénomène courant : celui où certains éléments du contexte ont été aussi conditionnés par l'événement traumatique. Ce phénomène implique la participation de l'hippocampe.

 

    
Liens
Lien :  The emotional brainLien :  Livre : THE EMOTIONAL BRAIN by Joseph E. LeDouxLien :  Fear and the AmygdalaLien :  Lighting up the preconscious
Lien :  AmygdalaLien : Neurobiology advances emotion researchLien : PET images reveal brain's response to hunger for airLien : The anatomy of anxiety
Chercheur
Chercheur :  EMOTION, MEMORY, AND THE BRAIN: What the Lab Does and Why We Do It
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Histoire :  La localisation du "cerveau des émotions" La localisation du "cerveau des émotions"

Fonctions de l’amygdale : plus diversifiées qu’on pensait


Le câblage de notre système d'alarme naturel permet d'apprécier l'utilité des réactions automatiques évoquées par la peur du point de vue de l'évolution. Un petit rongeur qui aperçoit un prédateur va par exemple figer sur place automatiquement. Cette réaction automatique est très précieuse car elle se fait rapidement sans nécessiter de commande volontaire. L'immobilité du rongeur couplé à son camouflage naturel, le soustrait généralement à l'attention du prédateur et lui permet de fuir dès qu'il a le dos tourné. Les rongeurs qui étaient moins "peureux" et ne figeaient pas ainsi sur place ont attiré plus vite l'attention du prédateur et n'ont pas laissé beaucoup de descendants, aussi "courageux" fussent-ils…

Si l'on enlève chirurgicalement le cortex auditif d'un rat qui a subit une peur conditionnée avec un certain son, l'animal ne peut plus discriminer ce son. Un humain avec des dommages équivalents se qualifierait de sourd. Or le rat, remis de son opération et visiblement sourd, montre des réactions de peur lorsqu'on émet le son en sa présence. Le son semble donc être enregistré quand même au niveau du thalamus et de l'amygdale, ce qui est suffisant pour provoquer la réaction de peur.
LES DEUX ROUTES DE LA PEUR
L'AMYGDALE ET SES ALLIÉS

L'information en provenance d'un stimulus externe atteint l'amygdale de deux façons différentes : par une route courte, rapide mais imprécise, directement du thalamus, et par une route longue, lente mais précise, celle qui passe par le cortex.

C'est la route courte, plus directe, qui nous permet de commencer à nous préparer à un danger potentiel avant même de savoir exactement ce dont il s'agit. Ces précieuses fractions de secondes peuvent, dans certaines situations, faire la différence pour notre survie.

Prenons un exemple. Imaginez que vous marchez dans la forêt et que vous entrevoyez une forme allongée enroulée sur elle-même à vos pieds. Cette forme, qui évoque celui d'un serpent, va très rapidement grâce à la route courte mettre en branle les réactions physiologiques de peur qui sont très utile pour s'activer face au danger. Mais ce stimulus visuel va aussi, après son relais au thalamus, parvenir au cortex. Celui-ci, grâce à sa faculté de discrimination, va se rendre compte quelques fractions de seconde plus tard que ce que vous aviez pris pour un serpent n'était au fond qu'un bout de vieux boyau d'arrosage. Votre cœur va alors cesser de s'emballer et vous allez en être quitte pour une petite frousse.

Si le cortex avait toutefois confirmé la présence d'un serpent, vous n'auriez probablement pas simplement sursauté mais déguerpi avec toute la vigueur que les modifications physiologiques enclenchées par l'amygdale permettent.

La voie rapide du thalamus à l'amygdale ne prend donc pas de chance et nous alerte de tout ce qui semble représenter un danger. Le cortex corrige par la suite en apaisant les réponses qui s'avèrent inappropriées. On voit ainsi pourquoi, dans une perspective évolutive, ces deux voies complémentaires ont pu se mettre en place. Les conséquences de prendre un boyau d'arrosage pour un serpent sont moindres, du point de vue de la survie, que de prendre un serpent pour un simple boyau d'arrosage.

Mais le cortex n'est pas le seul à venir ajouter son grain de sel en précisant la nature de l'objet. L'hippocampe peut aussi intervenir en nous renseignant sur le contexte.



Avec le protocole de peur conditionnée, on peut apprendre à un animal à être effrayé à l'écoute d'un son particulier, mais pas à un autre légèrement différent. Or si on détruit le cortex auditif de ces animaux, ils deviennent aussi effrayés au son différent !

Ceci s'explique à la lumière d'expériences d'électrophysiologie qui ont montré, par des enregistrements dans les neurones thalamiques et corticaux, que ces derniers ne répondaient qu'à des registres sonores très étroits, alors que les neurones thalamiques s'activaient avec une gamme de tonalités très large.

Par conséquent, lorsque deux sons similaires sont utilisés pour conditionner une peur et qu'on enlève la possibilité de discrimination fine en enlevant le cortex, la réponse de peur qui est sous contrôle thalamique se fera indistinctement pour les deux stimuli sonores.

 

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